Les explosifs sont utilisés lorsque les méthodes d’excavation mécanique ne permettent pas d’atteindre les conditions économiques et de performance fixées sur le site. Les différents types d’explosifs sous forme synthétique sont présentés ci-dessous, avec leurs applications et les mesures de sécurité à respecter lors de leur utilisation.

1. Explosifs en poudre

Les explosifs en poudre sont composés de nitrate d’ammonium, d’agents imperméabilisants, de stabilisateurs et de substances combustibles et oxydantes. Ils ont une consistance poudreuse, présentant une faible résistance à l’eau. Sa puissance, sa densité et sa vitesse de détonation sont inférieures à celles des explosifs gélatineux, produisant très peu de gaz toxique. Les explosifs en poudre sont insensibles aux chocs et aux frottements.

2. Types d’explosifs : hydrogels

Ils sont constitués d’un mélange de solution oxydante et de nitrate de monométhylamine. Des substances combustibles et gélifiantes sont également ajoutées. Les hydrogels ne contiennent pas de substances explosives, ils réagissent de manière explosive lorsqu’ils sont amorcés par un détonateur, un cordeau détonant ou un multiplicateur. Les hydrogels ne produisent pas d’exsudation parce qu’ils ne transportent pas de nitroglycérine et ont une vitesse de détonation élevée. Pouvoir de coupure élevé, densité et grande résistance à l’eau, résistant efficacement aux variations de température. Ils sont très résistants aux frottements et aux chocs, produisant des fumées moins toxiques. Un hydrogel est un gel dans lequel l’agent gonflant est l’eau. La matrice d’un hydrogel est généralement un réseau de polymères. Ces derniers sont insolubles dans l’eau, mais sont capables de gonfler substantiellement en présence d’une grande quantité d’eau ou de solutions aqueuses telles que les fluides biologiques. Les polymères utilisés pour fabriquer un hydrogel peuvent être superabsorbants.

3. ANFOS

Ils sont composés de substances combustibles et d’oxydants, et peuvent contenir d’autres additifs, comme la poudre d’aluminium, et ont un aspect granuleux. Il s’agit d’un explosif fluide qui remplit les trous de forage, optimisant la transmission de l’énergie à la roche. Leur vitesse de détonation est faible, tout comme leur puissance et leur densité. Leur résistance à l’eau est nulle. Les ANFOS produisent des gaz toxiques et sont très insensibles aux chocs, ce qui permet une manipulation très sûre. Pour la sensibilisation, il faut un explosif ou un système d’amorçage à haute énergie.

4. Les émulsions

Les émulsions sont composées de deux phases. Dans le premier cas, il s’agit de la partie oxydante et dans le second, des combustibles. Ils ne produisent pas d’exsudation et ont une vitesse de détonation élevée ainsi qu’une énergie et une densité élevées. Excellente résistance à l’eau et manipulation sûre, résistant efficacement aux variations de température Ils ne sont pas affectés par le choc, la friction ou la chaleur. Le mélange d’émulsions et d’amphos est appelé HEAVY-ANFO

5. Poudre à canon pour mines

Il est constitué d’un mélange de soufre, de charbon de bois et de nitrate de potassium, et a une texture granuleuse. La poudre de mine n’a aucune résistance à l’eau et est sensible à la flamme. Son énergie, sa vitesse de détonation potentielle et sa densité sont faibles. Il fend les rochers.

6. Explosifs gélatineux

Les explosifs gélatineux sont composés de nitroglycérine ou de nitroglycol, de nitrocellulose, de stabilisateurs et de substances combustibles et oxydantes. Ils sont du type dit caoutchouc et ont une consistance plastique. Ils ont une grande vitesse de détonation, un grand pouvoir de rupture et une grande résistance à l’eau. Leur forte densité leur permet de déloger l’eau des trous. Ce type d’explosif est très sensible aux chocs. Les explosifs gélatineux produisent très peu de gaz toxiques, résistant efficacement aux variations de température. Si elles sont stockées correctement, elles sont lentes à vieillir. Pour effectuer le dynamitage, en plus de la charge explosive, il est nécessaire d’utiliser des accessoires qui permettent l’amorçage de l’explosif.

7. Détonateurs

Les détonateurs sont des systèmes d’amorçage utilisés pour faire exploser différentes matières explosives et parmi eux on trouve les types suivants. Le détonateur est un élément dont le rôle consiste à produire, au départ d’un courant électrique ou d’une flamme, une onde de choc suffisamment puissante pour provoquer la détonation d’une charge explosive. La chaîne pyrotechnique simple se compose de quatre éléments : un allumeur, appelé allumeur de mèche lente, qui produit le feu par frottement mécanique manuel vers, une mèche lente ou une composition retardatrice qui transmet le feu généré par ce boutefeu vers le détonateur. Enfin, la charge principale explosive. La chaîne électrique simple. D’un exploseur produisant un courant électrique. De fils conducteurs allant de l’exploseur au détonateur. D’un détonateur électrique, explosif primaire. D’une charge principale dite secondaire. Au sein du détonateur, l’inflammation d’une perle d’allumage, dans le cas de l’ignition électrique ou la flamme nue dans le cas de l’allumage par mèche ou par amorce, provoquent la détonation d’une petite quantité d’un explosif de type primaire. Cet explosif primaire, en détonant, entraînera la détonation d’un autre explosif dit secondaire, généralement la penthrite ou l’hexogène, moins sensible mais plus puissant de par la quantité employée. Sans cet artifice, la plupart des explosifs brûleraient lentement ou déflagreraient, cas de certaines nitrocelluloses, sans toutefois atteindre le régime de détonation sauf s’il y a fort confinement et mise en œuvre d’une masse très importante.

8. Cordeau détonant

Un cordeau détonant est un cordon flexible et étanche contenant un explosif appelé pentrite et est utilisé principalement pour transmettre aux explosifs placés dans les trous la détonation déclenchée par un détonateur. Les cordeaux détonants ont deux types d’applications : servir à l’amorçage d’explosifs dans une explosion et servir d’explosif pour l’exécution de l’explosion elle-même.

9. Les relais de retard

Ce sont des connecteurs qui permettent de développer des plans de dynamitage chronométrés. La synchronisation est obtenue en insérant un relais dans le cordeau détonant, qui relie deux tirs consécutifs permettant un retard de plusieurs millisecondes.

Qu’est ce qu’un explosif ?

L’utilisation des explosifs à des fins criminelles est relativement récente. Leur essor soudain a eu lieu à l’occasion de la 3ème révolution industrielle : celle des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Pourquoi alors, avoir recours à des produits difficiles à élaborer, souvent instables, et qui demandent un certain savoir faire pour leur mise en œuvre ? L’utilisation d’armes conventionnelles paraît de prime abord plus simple, moins coûteuse, moins risquée à tout point de vue. En effet, les conflits et les guerres civiles n’ont jamais été aussi nombreux et beaucoup d’armes de toute nature y sont présentes. Leur négoce illicite incontrôlable représente d’ailleurs un souci majeur en terme de criminalité. C’est avant tout dans la nature même des explosifs qu’il faut chercher la réponse à cette question. Excités par différents moyens, ils se dégradent dans une combustion plus ou moins violente, qui entraîne elle même des dégâts plus ou moins importants. Ce sont ces dégâts occasionnés qui sont recherchés par leurs utilisateurs, qu’ils soient criminels, terroristes ou tout simplement inconscients.

Quels sont leurs modes de décomposition ?

Les différents modes de décomposition des explosifs sont dus à leur vitesse de transformation. On distingue :

– La combustion

Les substances explosives, enflammées à l’air libre ne font que brûler sans produire d’effets mécaniques. La vitesse de transformation est très faible: moins d’un mètre par minute.

– La déflagration

La déflagration est une combustion rapide de la substance explosive, qui se traduit par une onde de choc dans l’atmosphère. On dit que l’explosif déflagre. La vitesse de transformation est supérieure à 340 mètres par seconde dans l’air.

– La détonation

La détonation est une réaction de décomposition extrêmement rapide qui engendre une onde de choc dans la substance elle-même. La vitesse de transformation est généralement comprise entre 2 000 et 9 000 mètres par seconde dans l’air.

Quels sont les différents types d’explosifs ?

Deux types d’explosifs sont à différencier.

Les primaires

– Ils prennent facilement le régime de la détonation sous l’effet d’une faible action ;

– Leur vitesse de détonation est de l’ordre de 5000 m/s ;

– Ils constituent l’élément essentiel des amorces, des détonateurs ;

– Leur rôle est de provoquer la détonation des explosifs secondaires ;

– Les principaux explosifs primaires sont :

     – le fulminate de mercure,

     – l’azoture de plomb,

     – le styphnate de plomb,

     – le tétrazène.

Les secondaires

– Ils sont disposés, dans toute chaîne explosive, à la suite d’un explosif primaire ;

– Leur vitesse de détonation varie entre 2000 et 9000 m/s ;

– Ils prennent le régime de la détonation sous l’action initiale de cet explosif primaire ;

– Les principaux explosifs secondaires sont:

     – la pentrite,

     – la tolite,

     – l’hexogène …

     – les dynamites,

     – les Gel-Bouillie.

Quelle est la classification des explosifs ?

Les explosifs sont également classés en trois catégories : les explosifs industriels, militaires et ceux de fabrication artisanale.

– Les explosifs industriels

Les explosifs industriels sont des produits définis pour leur sécurité de fabrication et d’utilisation. Les quantités produites sont importantes et de l’ordre de 50 000 tonnes par an. Ils ont des durées de vie limitées, de l’ordre d’une année. Ces explosifs représentent une part importante du marché des explosifs. Ils sont utilisés pour extraire des minéraux, percer des roches, la destruction d’ouvrage ou déclencher des avalanches. Les plus connus sont les dynamites : dynamites gomme, dynamites plastiques, dynamites pulvérulentes qui sont commercialisées sous la forme de cartouches cylindriques soit en papier soit en film plastique. Toutefois, à l’heure actuelle les explosifs de type Gel-Bouillie-Emulsion : mélange à base de nitrate d’ammonium sont les plus utilisés. Ceux-ci sont également commercialisés sous la forme de cartouches cylindriques mais peuvent être livrés en vrac par camion citerne directement sur les chantiers. Les emballages portent des inscriptions permettant d’identifier l’origine et la date de fabrication, le numéro d’agrément et le numéro de lot. Il existe aussi les explosifs nitrates-fiouls ou ANFO.

– Les explosifs militaires

Les explosifs militaires sont des produits d’autant plus sophistiqués qu’ils sont employés dans des systèmes d’armes coûteux. Ils ont une durée de vie importante. Il existe une gamme très variée de produits purs ou mélanges explosifs destinés à répondre à des besoins militaires précis. Les principaux explosifs qui forment les constituants de base de ces mélanges sont : le trinitrotoluène, l’hexogène, la pentrite, l’octogène et le tinitrophénylméthylnitramine.

Ces explosifs peuvent être employés sous forme de pain de plastic : pentrite additionné d’un plastifiant ou de pain de tolite. Ils sont également utilisés pour le chargement de nombreuses munitions : grenades, obus, roquettes, mines.

Ces explosifs purs peuvent être mélangés :

     – soit entre eux pour obtenir des produits plus performants,

     – soit avec des corps inertes qui permettent de pouvoir être malaxés,

     – soit avec des minéraux comme l’aluminium pour accroître l’effet de souffle.

– Les explosifs artisanaux

Les explosifs artisanaux sont des explosifs fait maison à partir de produits précurseurs, produits disponibles dans le commerce pouvant être utilisés d’une manière détournée pour la fabrication illicite d’explosifs. Ces substances explosives de fabrication artisanale peuvent prendre toutes les formes et leur qualité est fonction des personnes qui les fabriquent. Ce sont des produits dangereux du fait que presque aucun contrôle de faisabilité/fiabilité n’est effectué sur des recettes qui sont diffusées notamment par le biais d’internet. Ces explosifs peuvent faire long feu ou s’auto-amorcer de manière non contrôlée. Certaines recettes sur internet sont fausses et uniquement destinées à faire exploser l’engin artisanal dans les mains de la personne qui tente de confectionner un tel explosif.