Le virus de l’hépatite C (VHC) utilise le métabolisme de la cellule hôte pour sa propre survie ainsi que pour la reproduction et la propagation dans le corps humain.

La gêne hépatite C chronique

Une étude publiée dans le PLOS Pathogen en avril 2016 identifie un gène hépatite C chronique. Ce dernier est significativement impliqué dans la formation des particules de VHC. Il fournit également une explication aux troubles du métabolisme des lipides chez les porteurs de la mutation.

Les gouttelettes de lipides influencent la régulation des réserves de lipides et de son métabolisme. Elles se trouvent dans les cellules adipeuses (adipocytes) ainsi que dans les cellules hépatiques (hépatocytes). Certains agents pathogènes du foie, dont le VHC, utilisent les propres gouttelettes de lipides de l’hôte pour propager l’agent pathogène dans tout l’organisme. En fait, le VHC se présente dans le sang sous forme de particule lipovirale. Il s’agit d’une gouttelette riche en graisse qui présente une grande similitude avec les protéines lipidiques de très faible densité (VLDL) humaines, comme le cholestérol. Ce déguisement rend difficile pour le système immunitaire humain de détecter et de détruire le virus.

La recherche sur la gêne hépatite C chronique.

On a donc fait une recherche sur les facteurs qui jouent un rôle dans l’infection de la gêne hépatite C chronique. En fait, les spécialistes ont examiné un certain nombre de gènes susceptibles d’être impliqués dans la formation et le maintien des gouttelettes de lipides ou VLDL. Les chercheurs ont conçu un système permettant de vérifier systématiquement la pertinence des gènes pour l’infection aiguë ou chronique par le VHC. Ils ont également découvert plusieurs gènes qui ont un effet sur les différentes étapes du cycle de vie du virus VHC.

Un gène sélectionné, appelé ABHD5, a été soumis à une analyse plus détaillée. L’ABHD5 se démarquait, car on savait déjà qu’il était à l’origine de la maladie rare qu’est le syndrome de Chanarin-Dorfman (CDS). Les défauts se produisent dans les réserves de lipides, et des tests précédents ont indiqué un rôle dans le métabolisme des gouttelettes de lipides.

Résultats des expériences sur la gêne hépatite C chronique.

Des expériences plus détaillées ont montré que l’ABHD5 n’a aucun effet sur la pénétration du VHC dans les cellules humaines. Il n’a pas non plus d’effet sur la réplication du génome viral. Mais le niveau d’expression de l’ABHD5 affecte l’efficacité de la réplication et de la libération du virus à partir des cellules humaines. Après l’identification de l’ABHD5 comme nouveau cofacteur de la réplication virale, on a étudié deux variantes connues du CDS. Dans les deux variantes, la réplication du virus par des gouttelettes de lipides n’était plus pertinente pour la maladie.

La localisation de la protéine ABHD5 dans la cellule se fait principalement à la surface des gouttes de lipides. Il en est de même pour l’appareil de sécrétion de la cellule, où a lieu la multiplication du VHC. Dans les cellules infectées par le gêne hépatite C chronique, la protéine ABHD5 normale (mais pas les protéines associées au CDS) a été systématiquement associée à des composants viraux. Ils s’associent aussi à d’autres composants de propagation propres à l’hôte.

Les autres résultats de la recherche.

Les conséquences fonctionnelles des associations observées ont montré que moins de gouttes de lipides sont formées dans les cellules. C’est-à-dire dans les cellules qui ont une expression plus élevée de ABHD5. Cependant, un niveau d’expression élevé des protéines ABHD5 mutantes associées à CDS n’a pas affecté la quantité de gouttelettes de lipides. D’autre part, les cellules ayant un niveau d’expression particulièrement faible d’ABHD5 ont même montré des accumulations de nombreuses gouttelettes de lipides.

On a fait muter systématiquement différentes parties de la protéine ABHD5. Ainsi, les chercheurs ont pu identifier le « motif du complexe tribasique de consommation de gouttes de lipides ». Les mutations dans la zone de ce motif ont maintenu la localisation de la protéine à la surface des gouttes de lipides. En revanche, ils n’ont pas provoqué la consommation du complexe lipidique. Les chercheurs ont supposé que la mutation du motif empêche l’interaction de l’ABHD5 avec la lipase correspondante (une enzyme dégradant les lipides). Mais ils espèrent tout aussi bien que cette mutation sera utile pour identifier d’autres lipases associées à l’ABHD5 dans les hépatocytes.

Les résultats de l’étude indiquent que l’ABHD5 favorise la multiplication du virus de la gêne hépatite C chronique. Pour ce faire, on doit assurer la mobilisation des gouttelettes de lipides. Cela  entraîne la libération de particules lipovirales infectieuses. Les chercheurs ont également mis en évidence les facteurs importants de l’hôte dans le développement du VHC et du VLDL. Il en est de même pour le rôle des protéines ABHD5 dans les hépatocytes et l’étiologie (origine biologique) du dysfonctionnement du foie chez les patients atteints du syndrome de Chanarin-Dorfman.